Pitch bref : compagnie fondée en mars 2016 par Guillaume Lambert, auteur-metteur en scène. Pour un théâtre de troupe, vivant, itinérant et dissonant.

L’EMPIRE, ÇA VA
Décembre 2018


 

PETITS EFFONDREMENTS DU MONDE LIBRE
(autour d’un bon gueuleton, comme à la maison)
Septembre 2017

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L’ÂME RONGÉE PAR DE FOUTUES IDÉES
Février 2016

L'âme rongée par de foutues idées © Lucine Charon

L’âme rongée par de foutues idées © Lucine Charon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ÂME RONGÉE PAR DE FOUTUES IDÉES
Février 2016

Au lendemain d’une révolution manquée, une jeune femme s’infiltre auprès du président. Elle renforce son discours et l’incite à la répression pour souffler sur les braises de la contestation. Lois liberticides. Occupation policière permanente. Un militant est abattu en pleine rue. S’insurger, à nouveau ? S’engager, oui, mais comment ?
Une pièce politique explorant l’intimité d’un engagement aussi vital que destructeur.

« C’est une envoûtante danse de vie et de mort qui prend chair dans cette pénombre » – Philippe Person, 8 mai 2016, Froggy’s Delight
« Rarement un texte n’aura résonné autant avec l’actualité. » – Hadrien Volle, 9 mai 2016, Théâtral Magazine

Citoyens du vent © Héléna To

Citoyens du vent © Héléna To

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CITOYENS DU VENT
Décembre 2014

Willy plonge dans le souvenir de son amour perdu, alors que Guy et d’autres amis lui proposent de boire, manger, palabrer, danser et rêver jusqu’à étouffer. Ils décident de partir pour battre la campagne. Mais aux murs de la salle, la réalité cogne, et quand celle-ci y pénètre, ses coups sont sans appel.

 

 

 

 


POUR LA PETITE HISTOIRE DE L’INSTANT DISSONANT

Une coïncidence, un hasard heureux est à l’origine de la compagnie l’instant dissonant. Je cherchais des documents pour la dramaturgie du spectacle L’âme rongée par de foutues idées chez un bouquiniste. Dans les raysons, je suis tombé sur une boite à chaussures contenant un gros livre sur la France des années 68, ainsi que des tracts en tout genre. J’achète la boite. Quelques jours plus tard, alors que je lisais ce livre, un papier en tombe. Je le déplie et découvre un manifeste théâtral dans cette boite aux tracts principalement syndicaux. Ces lignes étaient rédigées à la machine. Aucune signature. Aucune référence particulière qui pourrait certifier le lieu et l’année de rédaction du tract. Aucune autre copie de ce texte n’a été trouvée. Je suis allé demander l’avis de plusieurs universitaires, chercheurs en théâtre principalement (que nous remercions chaleureusement pour leur aide), qui ont tous pu apporter des pistes intéressantes sur la provenance du document. Mais toutes soulèvent plus de questions que de réponses. Est-ce le travail d’une seule personne ou de plusieurs ? Fut-il rédigé en France, peut-être dans une des nombreuses troupes de théâtre d’intervention des années 70 ?  Ou est-ce une traduction/importation d’un texte allemand, italien, belge, russe ? A l’heure actuelle nous ne savons pas. Toujours est-il que, séduits par ce manifeste, nous avons choisi de raviver ce nom, l’instant dissonant, et ces principes esquissés ci-dessous. Quiconque aurait des informations sur l’origine de ce texte vienne nous rencontrer. En attendant, nous le retranscrivons ci-dessous comme le hasard nous l’a donné. – G.L.

L’INSTANT DISSONANT
Tentative de définition

Le théâtre n’est pas au service de la lutte politique. Il est une lutte en soi. De même qu’il serait scandaleux que la révolution soit au service du seul théâtre, il est scandaleux que le théâtre soit au service de la seule révolution. La lutte politique et la lutte artistique sont deux domaines de la vie qui dialoguent, s’inspirent, sans jamais se confondre, pour la simple et bonne raison qu’ils n’ont pas les mêmes finalités. La lutte politique a pour visée principale l’action, la prise ou la dispersion du pouvoir, en un mot, la révolution. La lutte artistique a pour visée le travail des imaginaires, la fabrication ou la friction de petits ou grands récits. Ces récits s’affrontent sur le terrain de nos imaginaires. Et nos imaginaires façonnent en partie nos actions. Nous appelons instant dissonant tout espace-temps où un récit surprend ou trouble notre rapport aux réalités, rapport inculqué par un ordre dominant et majoritaire. L’instant dissonant fait le pari d’un désordre des imaginaires. C’est d’une place minoritaire et indépendante qu’il puise sa force.

Notre théâtre se construit par la troupe. Le théâtre qui fonctionne par le mercenariat artistique est un théâtre qui se dilue dans l’état présent du monde. Ces coalitions éphémères sanctionnent les mots d’ordre capitalistes d’interchangeabilité, d’infidélité, de discontinuité et de précarité. Au cœur de la tempête, nous cherchons un centre à partir duquel nous pouvons bâtir. La troupe élabore des valeurs et des expériences communes, éprouvées par le temps long. Elle n’est ni famille, ni phalanstère. Elle est un centre à partir duquel nous gravitons et rencontrons des personnes et leurs territoires. Un instant dissonant a besoin de ce centre partagé pour déflagrer dans nos imaginaires. La troupe, dans ce monde de l’individu isolé et interchangeable, est en elle-même un lieu dissonant. Elle est une première pierre pour la construction d’un autre état du monde.

Notre théâtre se construit pour moitié avec les spectateurs. Il est à cheval entre le geste et la parole qui suggèrent, et la tête du spectateur qui imagine. Un instant dissonant a besoin de ce rapport d’égalité pour travailler nos imaginaires. Le théâtre qui pense la scène comme une totalité est une activité dominatrice et abrutissante. Le théâtre qui se limite au seul moment du jeu est une activité para-prostitutionnelle. A multiplier les prestations à usage unique, il ne vaut pas mieux que n’importe quel produit jetable. Ce théâtre est jetable et sera jeté. Entre la passe d’un soir et l’implantation définitive, nous cherchons à égrener des infusions locales et renouvelables. Notre théâtre ne se limite pas à une simple pénétration. Il est précédé de préliminaires et suivi d’étreintes. Il n’a pas pour objectif la représentation. Il veut créer un événement, c’est-à-dire une rupture qui bouleverse l’enchainement des faits quotidiens. L’instant dissonant suspend les urgences marchandes et invente, dans un espace réapproprié et partagé, un autre écoulement du temps.

POUR UN THEATRE VIVANT ET DISSONANT