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Création MES PARENTS MORTS VIVANTS,
avec le soutien du Lyncéus Festival édition 2019

Pour un théâtre de situations, un théâtre itinérant, un théâtre immersif et une écriture de plateau documentée.

L’instant dissonant est une compagnie de théâtre créée en 2016. Elle joue actuellement Mes parents morts-vivants et Petits effondrements du monde libre, coproduit par la Maison Maria Casarès et La Loge.

ACTUALITÉS

Pour sortir du confinement….
Départ de Guillaume LAMBERT pour une résidence d’écriture sur les terres australes et antarctiques françaises !

MANIFESTE POUR UNE TROUPE UTOPIQUE / EN COURS DE REDACTION, à plusieurs mains.

Extrait de Petits Effondrements du monde Libre

« Oui, vas-y casse, tape tape tape, c’est bon, sens que ça lâche, ça lâche au fond de toi, vas-y tape tape
sens que ça lâche, tu prends ton marteau et tu tapes, je prends mon marteau et je tape
pour une fois c’est moi qui suis le marteau
c’est mon marteau
c’est mon micro
c’est moi qui tape »

2020-10-31T23:00:00

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  heures  minutes  secondes

jusqu’à

fête tes morts avec nous

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L’Instant Dissonant

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l’île sans nom

J’ai habité pendant cinq mois l’île sans nom, c’est une petite île qui se trouve là où toutes les terres, et tous les êtres du monde, formaient un géant-continent y a très longtemps. Et à l’endroit où ce géant-continent s’est fracturé, en des milliers de terres et des milliers d’êtres, y a un géant-océan qui s’est engouffré, et qui depuis s’étire et écarte l’Inde au nord, l’Antarctique au sud, l’Afrique à l’ouest, l’Asie à l’est. Et au centre, le long d’une faille très profonde, y a un volcan qui a surgit de sous les eaux, et qui est devenu l’île sans nom. C’est là qu’elle se trouve, et c’est là-bas que j’ai habité pendant cinq mois.

un artiste à Amsterdam – présentation de la recherche sur l’île

© Rémi Lambert

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Mes parents morts-vivants

C’est une fête funéraire. Dans son testament, un homme lègue sa voiture à quiconque voudrait bien attacher son cercueil sur le toit pour lui faire voir le continent une dernière fois. Un enterrement par la route comme il dit. Deux sœurs se lancent dans ce road-trip funéraire pour célébrer le départ d’un homme qui a passé sa vie à ressusciter les morts. Elles inventent une cérémonie funéraire pour chercher comment être plus vivantes avec nos morts.

le dossier du spectacle

© Kevin Lebrun
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Petits effondrements du monde libre

On a construit une capsule temporelle faite pour résister au temps et aux éléments. Ce soir on organise un repas de fête pour la fermeture de notre capsule et son départ pour le futur. On va manger, on va boire, on va danser et on va se raconter les histoires qu’on a collecté. Des histoires de personnes qui font un pas de côté. Des petites actions qu’on néglige alors qu’on les fait nous aussi. Des gestes qui n’appartiennent qu’à nous, comme rester couché.e, marcher sans but, dormir beaucoup, se taire longtemps, déconnecter, disparaître, se donner du plaisir, dégrader, voler, plonger dans ses rêves etc. Ce soir on va voyager vers des lieux imaginaires où on pourrait vivre et se retrouver comme jamais avant.

le dossier du spectacle

le texte du spectacle

© Yann Slama & Festival Champ Libre

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Où va ma rage

Au lendemain d’une révolution manquée, une jeune femme s’infiltre auprès du président. Elle renforce son discours et l’incite à la répression pour souffler sur les braises de la contestation. Lois liberticides. Occupation policière permanente. Un militant est abattu en pleine rue. S’insurger, à nouveau ? S’engager, oui, mais comment ?
Une pièce politique explorant l’intimité d’un engagement aussi vital que destructeur.

le texte du spectacle

le dossier du spectacle

la revue de presse de l’âme rongée par de foutues idées

© Lucine Charon
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En images

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En tournée

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Dans la presse

MES PARENTS MORTS-VIVANTS
On rit beaucoup à cette histoire d’enterrement « par la route », avec un cercueil sur le toit d’une Mercedes, qui roule, comme il se doit, à tombeau ouvert, sur la scène, en l’occurrence un grand pré avec vue sur mer. C’est jouissif, un peu brouillon, très libre. »
Anne Kiesel, 30 juin 2019, Ouest France

PETITS EFFONDREMENTS DU MONDE LIBRE
Peu importe le sujet- mais peut-être n’il y a-t’il ici un seul sujet possible: le rapport de soi aux autres, à la société- ce qui est immédiatement troublant est la manière dont nous recevons ces paroles dans un entre-deux entre fiction et vérité. Le décalage crée une qualité particulière. Une communauté de plein pied s’est créé ipso facto autour de cette grande table, en confiance et empathie, et ce que nous entendons de la bouche de ces filles et garçons prend valeur de confidences, de témoignages authentiques, de choses vues et entendues.
Guy Degeorge, 13 janvier 2018, Un Soir Ou Un Autre

Radio Neo, Chaos du 11 janvier 2018, entretien avec Albertine Villain-Guimmara et Guillaume Lambert

Radio Campus, Pièces détachées du 15 janvier 2018, entretien avec Guillaume Lambert

OÙ VA MA RAGE / L’ÂME RONGÉE PAR DE FOUTUES IDÉES
L’âme rongée par des foutues idées sidère par son audace formelle. Porté par la voix de Lucie Leclerc, conteuse de la colère qui gronde ou témoin saisi par le cynisme des dominants, c’est une envoûtante danse de vie et de mort qui prend chair dans cette pénombre subtilement créée par Gauthier Ronsin […] On se plaint que les arts ne soient pas assez à l’écoute politique de leur époque. L’âme rongée par de foutues idées est l’expression du contraire.
Philippe Person, 8 mai 2016, Froggy’s Delight

Rarement un texte n’aura résonné autant avec l’actualité. La vie est au cœur de la motivation de cette espionne qui laisse peu de place à l’idéalisme, le théâtre vient ici en aide à la réalité pour lui rappeler que celle-ci pourrait davantage assumer sa part d’ombre et de violence.
Hadrien Volle, 9 mai 2016, Théâtral Magazine 

Seule en scène, Lucie Leclerc incarne les différents visages de la révolte avec une énergie communicative et une force vive, incandescente.
Léa Coff, 19 mai 2016, I/O Gazette

L’âme rongée par de foutues idées est la réponse essentielle, nécessaire, du théâtre aux chaînes d’info et elle n’est à rater sous aucun prétexte.
Sébastien Novac, 31 mai 2016, Gazette Debout

Le plateau noir et nu se fait cellule sombre et désert des possibles, espace-temps immortel au carrefour des époques. Comme un rendez-vous des générations, une faille qui ne demande qu’à être écartelée.
17 mai 2016, Léa Coffineau, La Jaseuse 

Plus proche du discours d’un groupe d’action directe que de Nuit Debout, la voix de la colère est ici canalisée par un spectacle à haute portée révolutionnaire et subversive.
Hadrien Volle, 10 mai 2016, YPSAR

L’âme rongée par de foutues idées, créée en février, sublimée par l’actualité, porte donc un questionnement aigu, fervent et enivrant sur les limites, les conditionnements, les frontières, les étapes, les franchissements, et s’étonne/s’émerveille/s’émeut de la fièvre des luttant-es, qui traverse les époques comme une éclatante maladie atemporelle, qui rend vivant-es.
Matthias Claeys-Dez, 13 mai 2016, J’ai vu ça

Entre utopies étudiantes et tétanie politique, rumeurs, spéculations et divers rebondissements, le réalisme du texte et de la mise en scène sont saisissants.
Marin de la Rochefordière, 12 mai 2016, La Péniche

Un flot alerte dans la voix, une diction saccadée, une énergie incroyable.
8 mai 2016, Rhinocéros

Interview de Lucie Leclerc et Guillaume Lambert, propos recueillis par Léo Serge, 4 mai 2016, Révolution Permanente

Télécharger la revue de presse de l’âme rongée par de foutues idées

Lettre d’amour de Lucie à A.P

Il est 17h40  Il est 13h23 il est 2h 46 du mat

Je suis à Liège,

Je suis dans un entrepôt,

Je danse devant mes platines sans que personne ne m’écoute mixer, je pense à toi.

Je suis sur une place dans une ville du Sud qui ressemble à Marseille mais plus petite, je pense à toi.

A.P

A.P

C’est les initiales de ton nom

Depuis que je t’ai vue à cette soirée zoom Queer party de quarantaine

Depuis que j’ai lu ton bouquin

Je pense à toi

Souvent

Quand je lis

Surtout

Je me demande ce que tu lis ?

(D’ailleurs, en parlant de ça, je ne sais pas si tu pourras venir à la conférence, la prochaine fois, la conférence de SAM BOURCIER, celle qu’il donne dans le grand entrepôt, je ne sais pas si elle aura lieu cette conférence, parce que les gradins sont en réparation, je crois, et que l’entrepôt pourrait fermer tout l’été. Je ne sais pas si tu sais, mais personne ne viendra me voir mixer de tout l’été, parce qu’il n’y a personne, mais si jamais elle a lieu la conférence, j’espère qu’on s’y croisera.)

Tu sais,

L’autre jour, quand mon écran s’est allumé en grand sur ta tête, ta tête à toi avec chemise bleue et casque noir sur les oreilles

j’ai sauté dans la pièce

Comme si t’étais entrée dans le salon , inconnue, et que tout à coup mon regard avait croisé le tien

ça m’a fait l’effet d’un coup dans le ventre

Plus bas aussi plus tard

Et j’ai épinglé ta tête dans la conversation zoom.

Dans cette conversation,  il y avait aussi Jennifer Cardini, ce qui m’a excité POTENTIELLEMENT, mais comme je suis excité POTENTIELLEMENT quand des gentes que j’admire soudain apparaissent dans mon champ de vision ou dans une soirée ou même dans une conversation zoom, je me dis que, bon…

Je pensais pas , après l’incident sur la place, je ne pensais pas que quelque chose me referai ça un jour, je pensais que tout avait brulé cette nuit là, même les sensations de chaleur/trompette, que toutes appellent papillons dans le ventre, même  le petit chien que j’avais fait exploser, je pensais que ça m’avait .. atteinte, tu vois, que ça m’avait cassée quelque part, les cadavres, le sang sur les mains, le vieux monsieur mort d’une crise cardiaque parce que je l’avais  câliné trop fort, les copines qui aujourd’hui ont perdu un oeil,  je pensais que ça m’avait..

Mais toi

Tes cheveux bruns

Ton casque

Tes doigts qui tapotaient sur le clavier

Ton anglais approximatif

Je trouvais ça CUTE

CUTE CUTE CUTE CUTE CUTE

Rien que d’écrire ça j’ai une larme putain

Une putain de larme d’émotion

Une vraie sensation qui parcourt tout le corps et qui demande qu’à aller la danser sur un dancing où il passerait des disques de JOE DASSIN et où on boirait une mauresque

Et puis je t’ai écrit

Et tu m’a envoyé tes podcasts, tes radios d’avant,

Et maintenant

Je peux entendre ta voix

Je peux entendre ce que tu écoutes

Et ça me fait un truc

OH  un VRAI TRUC

J’ai envie

De

d’entendre ta voix plus près encore dans mes oreilles

Je  dors à coté de ma meuf mais c’est ta voix que je veux entendre

Que je veux dans le trou de mon oreille gauche

Qui me lèche l’intérieur du tympan

Putain t’as des gouts musicaux

j’adore

j’adore

j’adore, j’adore, j’adore, j’adore

J’ai 12 ans et demi AGAIN et je te regarde du haut de mes 1m70 ( j’étais grande bien assez tôt)

Pour toi je pourrais ré-écouter KYO ou RAMSTEIN, je pourrais redescendre les vinyles de Nana Mouskouri

Me taper l’intégrale de Jean michel JARRE, ou même regarder AMADEUS pendant une nuit entière.

Est ce que toi aussi tu as pris feu ? Est ce que toi aussi, ils t’ont emmené te « promener », comme ils disent ? Est ce qu’ils ont touché ta peau ? Est ce que quelqu’un.e t’a demandé de tes nouvelles ?

J’écoute ta voix

Je l’écoute vraiment

Les bruits de ta salive quand tu parles

Les mots que tu mâches mal

Les syllabes que tu avales

Les hésitations, les lettres que tu mets dans le mauvais ordre et que tu reprends

ça fait trois jours que je m’accroche à ça

Dans ma tête « ça  »

C’est une idylle

Un truc réel

Un truc fou que je suis en train de vivre

Une expérience sensorielle où j’utilise seulement mes oreilles

j’ai envie de mes oreilles dans tes seins comme je me lovais à 4 ans dans les seins de ma nourrice

Qui avait de très beaux et moelleux seins

J’écoute I LOVE YOU SO de PHILIPP GORBACHEB, une personne qui fait de la techno ( je ne sais pas si c’est un homme, mais je sais que tu aimes, donc j’écoute)

et suis déjà – encore dans cet entrepôt et on danse toi et moi, on danse en écoutant Sam bourcier faire la conférence la plus excitante que la France, voire le monde, n’ai jamais entendu,

quand il parle des îles grecques aujourd’hui à l’abandon où les lesbiennes BDSM venaient tous les étés jouirent et tailler leurs chairs. Et aujourd’hui, et demain, et hier c’est toi et moi, dansant dans la boîte vide, devant les gradins de cartons qui vont bientôt s’écrouler, qui s’écrouleront si la moindre forme humaine daigne y poser un cul, c’est sur toi que je pose mes mains où le sang encore n’a  pas séché, sous les ongles, et que même en frottant c’est impossible à faire partir, même avec la petite brosse dure que ma mère m’a donné il y a déjà quelques années,

celle que j’ai utilisé pour enlever la boue sur mes belles boots noires.

« Défoncez les »on a crié, cette nuit là.

Défonce moi maintenant

Et on danse encore, tu as maintenant un long manteau rouge carmin et tu m’emmènes dans la Cadillac rouge, que tu as volé, car tu es une petite voleuse, mon amour

Ca y’est

Je t’appelle mon amour

Je suis flippante,

je me fais flipper

AP

Il faut que je te dise aussi

j’ai un truc qui palpite

Dans mon petit short de sport que j’ai retroussé pour ressembler aux homos de la péripate, pour te plaire, et  qui commence à perdre l’élastique

Ca fait longtemps que je mets plus de culotte, tu sais, depuis la grande tuerie

Je me demande à quoi elle pourrait bien servir, cette culotte si j’étais dans ta bibliothèque, sous ton bureau et que tu me touchais

en écoutant Philipp Gorbachev.